dimanche 8 mai 2016

Basket


Lattes est une ville qui se veut sportive. La municipalité comprend un service des sports actif, des clubs et associations dynamiques et des équipements d'un bon niveau pour une commune de cette taille.

Elle accueille  chaque année en juin une course d'obstacles déjantée de 12 km qui part de l'arène située juste à côté de notre villa, la ruée des fadas, dont la photo ci-dessus donne un avant-goût de ce qui nous attendra le 4 juin prochain, non pas comme participants à cette course, mais comme riverains. Nous attendons pour notre part la prochaine rentrée de septembre pour nous inscrire à des activités sportives régulières.


Mais dès ce printemps, on ne peut pas rater la gloire locale de Lattes qui est son équipe de basket féminine, autrement dite le BLMA, ce qui signifie le club de Basket Lattes Montpellier Agglomération, ou plutôt depuis que l'agglomération de Montpellier est devenue une métropole, le Basket Lattes Montpellier Méditerranée Métropole Association. Sur internet on peut trouver le site web officiel de ce club, ainsi qu'un blog non officiel tenu par des supporters.


L'équipe féminine pro du BLMA, dont les joueuses sont surnommées les gazelles, a un palmarès de tout premier plan dans sa catégorie. Jugez plutôt:  Elles ont remporté la coupe de France de basket féminin en 2011, 2013, 2015 et encore en 2016 où elles viennent de battre Bourges en finale le 1er mai dernier. Elles ont été championnes de France en 2014 dans la Ligue Féminine de basket, ce qui est la compétition de plus haut niveau en France pour ce sport. Seule l'équipe de Bourges qui dominait le basket féminin français depuis une décennie peut se vanter d'un palmarès équivalent.


Tous les regards sont donc aujourd'hui portés sur ce championnat de France 2016, où si elles le remportent, elles réaliseraient en 2016 un doublé historique.  A cette occasion, il faut souligner la particularité de ce championnat. Il comprend d'abord une saison régulière, comme le championnat de football professionnel par exemple, où les 14 équipes de la ligue s'affrontent 2 à 2 deux fois (aller et retour) et marquent des points en fonction des victoires et des défaites.


A l'issue de cette saison régulière 2015/2016, où chaque équipe a donc joué 26 matchs, le BLMA est en tête talonné par Bourges puis par Villeneuve d'Asq et Charleville-Mézières.  Mais cela ne détermine pas encore le champion, car ensuite se jouent les play-offs entre les 4 équipes de tête du championnat régulier. Cela ressemble à un mini-tournoi où se jouent donc directement des demi-finales puis les finales, chaque fois en deux matchs aller et retour, avec  la possibilité de jouer une belle en cas de partage des victoires.


Après avoir battu Charleville-Mézières en match aller des demi-finale des play-off, se jouait vendredi dernier, le 6 mai, à Lattes le match retour de ces demi-finales, toujours contre l'équipe de Charleville-Mézières, dont les joueuses sont les appelées les Flammes Carolo Ardennes. Nous sommes allé voir ce match important pour l'accès en finale.


Nous avons pu, sans difficulté, acheter deux places sur Internet, le jour même, par la billetterie électronique du BLMA au tarif de 11€ la place, ce qui est un tarif réduit pour les habitants de Lattes ou les titulaires du Pass Agglo. Si j'en juge par le tableau des tarifs de la saison 2015/2016, il s'agissait donc d'un match de gala, étant entendu que pour un match normal nous n'aurions payé que 9€. Les billets s'impriment à domicile et correspondent à un tarif unique avec placement libre. On ne comprend donc pas très bien pourquoi au moment d'acheter les billets  il semble demandé de choisir une tribune.


Le match commençant à 19h et le placement étant libre, nous nous sommes rendus au palais des Sports dès 18h. J'avais gardé le souvenir d'un match de basket de la NBA américaine que j'avais vu un jour à Memphis, où les  pom-pom girls, les musiciens divers, ainsi que les buvettes et fast food de toutes sortes donnaient une ambiance de kermesse qui permet de patienter sans problème avant le match.


C'est donc l'occasion de découvrir le Palais des Sports de Lattes, l'un des grands équipements sportifs de notre commune, situé au bord Ouest de Lattes Centre, juste à côté du cimetière.


Après une fouille sommaire et le pointage des billets (sans nous demander de justifier la réduction !) nous entrons dans le hall principal du Palais des Sports, qui à première vue comporte des tribunes d'au moins 800 places encadrant le terrain de basket.


Une partie de la  tribune Ouest est en fait occupée par la presse et les caméras qui vont diffuser le match sur la chaîne TV Ma Chaîne Sport, malheureusement disponible seulement sur CanalSat et Numéricable, mais pas sur les chaînes Free. De l'autre côté, devant la tribune Est, figure une grande table avec les juges de la LFB.


En guise de pom-pom girls et d'animation, il n'y a que quelques papys assis dans la tribune Sud qui battent le rythme sur leurs grosses caisses, ce qui est très fatiguant pour nos oreilles à la longue.


L'un d'eux a mis un costume de kangourou bleu pour chauffer la salle pendant les repos entre les quatre quart-temps du match.

Ils font partie du groupe de supporters appelé les Jumpers, qui occupe donc la tribune Sud la plus proche de l'entrée du public. Avis aux oreilles sensibles: il faut s'asseoir sur le côté opposé ou se munir de bouchons d'oreilles.

A nos places  dans la tribune, nous trouvons chacun deux gourdins gonflables, sponsorisés par le Crédit agricole, qui, frappés ensemble, permettent de faire un  bruit quasi métallique pour ponctuer les belles actions de l'équipe que nous supportons.


Et justement, après avoir été menées dans les premières minutes, les Gazelles de Lattes n'ont laissé aucune chance aux Flammes de Charleville-Mézières et l'ont emporté haut la main par 60 à 41. Et comme à l'aller de ces demi-finales elles avaient déjà gagné par 76 à 52, les voilà qualifiées pour la finale, sans même avoir besoin de jouer une belle.


Félicitations donc aux 9 joueuses qui se sont relayées durant les quatre fois 10 minutes du match (le basket se joue à 5, mais il semble possible de faire tous les remplacements que l'on veut). Comme disait Louis Nicollin, le président du club de foot de Montpellier (je cite): Ces gonzesses, elles ont des c...


Notons que la capitaine de l'équipe est Gaëlle Skrela, la plus âgée des joueuses avec ses 33 ans. C'est la fille de Jean-Claude Skrela, ancien international de rugby de l'équipe de France,  d'ailleurs venu encourager sa fille vendredi dernier. C'est aussi la sœur de David Skrela, qui est actuellement international de rugby à XV.

Sur le terrain, ces filles n'ont pas paru particulièrement grandes pour des joueuses de basket. Pourtant la feuille de match donne leurs tailles qui s'échelonnent de 1,70 m pour la plus petite, Anaël Lardy, jusqu'à 1,91 m pour la plus grande, Naomi Halman. J'ai des nièces qui pourraient  figurer dans une telle équipe.

Enfin, comme pour tout ce qui a une dimension publique à Lattes, il y a toujours des questions financières plus ou moins problématiques. Le club BLMA étant professionnel il doit disposer d'un budget conséquent pour rémunérer ses joueuses, ainsi que son staff technique, notamment l'entraîneur Valéry Demory et son adjoint Guy Prat. Selon la plaquette de présentation  du BLMA à ses partenaires financiers, le budget se montait à 2,1 millions d'euros en 2014.


Il bénéficie naturellement de subventions de tout le mille-feuilles administratif français: la métropole de Montpellier, la ville de Lattes, la région Languedoc Roussillon (mais qu'en sera-t-il de la nouvelle région fusionnée?) et le département de l'Hérault, mais aussi  la ville de Montpellier,  l'Etat à travers le Centre National de Développement du Sport (financé par les paris sportifs), et même la SEM Sud de France, dépendante de la région, qui promeut les produits  de la région, dont surtout le vin du Languedoc, ce qui n'est pourtant pas très compatible avec le sport selon la loi Evin.  Il y a aussi de nombreux sponsors privés qui participent au financement. 

Malgré cela, l'argent manque pour réaliser toutes les ambitions que pourrait avoir ce club. En effet, alors que ses performances le qualifiaient largement pour participer à l'Euroleague de basket féminin qui réunit les meilleurs clubs européens, le BLMA a renoncé à y participer en 2015/2016 en raison des frais supplémentaires qu'auraient occasionnés son inscription, pourtant estimés à seulement 150.000 € selon le président du club, René Combes. Mais pour avoir pris la tête d'un club qui avait 900.000 € de déficit en 2008 et après une expérience pas forcément concluante de participation à l'Euroligue l'année précédente, on comprend que le président fasse souffler un esprit de rigueur sur le BLMA, dans une période où les subventions publiques baissent.


Peut-être que l'exceptionnelle saison - dont l'apothéose pourrait être prochaine si le BLMA bat en finale sa grande rivale Bourges - apportera quelques financements supplémentaires de la part des sponsors. Cela permettrait à l'équipe féminine par exemple d'essayer de venger l'équipe masculine de Strasbourg qui a été battue il y a quelques jours par les Turcs de Galatasaray en finale  de la ligue européenne.

samedi 30 avril 2016

Pic Saint Loup


Dans les guides touristiques sur Montpellier et ses environs figure en bonne place l'excursion au Pic Saint Loup.


Par exemple dans le Guide Vert du Languedoc, c'est l'un des circuits conseillés autour de Montpellier, mais seulement  pour les bons marcheurs en raison de quelques passages vertigineux. Au sommet du pic, le panorama est qualifié de magnifique, et bénéficie d'un classement deux étoiles, ce qui signifie que le site mérite un détour ( pour les automobilistes qui passeraient dans les environs).


Sur Tripadvisor, le Pic Saint Loup figure même en n°1 sur 99 des choses à faire à Montpellier !


Le Pic Saint Loup est en fait le point culminant à 658 m d'une longue arête qui domine les garrigues montpelliéraines. C'est un relief qui se voit de loin, et notamment depuis beaucoup d'endroits dans Montpellier.

Lorsque je cherchais un logement dans Montpellier et ses environs, j'avais été frappé de constater que la vue sur le Pic Saint Loup était l'un des arguments de vente les plus utilisés. Par exemple comme ici:



Il faut reconnaître que, vu de loin, le Pic Saint Loup est toutes proportions gardées pour Montpellier ce que la montagne Sainte Victoire est pour Aix-en-Provence. Seulement le Pic Saint Loup n'a pas vraiment trouvé son  grand peintre pour le rendre célèbre. On ne peut certes pas comparer Eugène Castelnau ou Vincent Bioulès avec l'illustre Paul Cézanne !


Pour savoir comment escalader ce fameux Pic Saint-Loup, j'ai fait des recherches sur le site web de l'office du tourisme du Grand Pic Saint-Loup. Le Grand Pic Saint Loup est une communauté de communes situées au pied du Pic, qui mène visiblement une action dynamique de promotion du tourisme dans la région du Pic. Mais si leur site web explique tout sur les hôtels, restaurants, activités et animations payantes, comme l'accrobranches, le vol à voile ou l'équitation, il a été assez difficile d'y trouver des indications précises sur l'escalade du pic, qui - elle - est gratuite et n'a donc pas de retombées économiques directes sur les villages environnants. En cherchant bien, on trouve cependant caché au fond d'une rubrique Les incontournables, une mention du sentier du Pic Saint Loup, où l'on apprend qu'un sentier part d'un parking à la sortie du village de Cazevieille, qu'il fait 6 km et une dénivelée de 364 m, et qu'il faut compter 2 h 30 pour le parcourir.


Nous sommes donc partis le 20 avril dernier, munis de baskets ou de chaussures supportant la marche sur des cailloux, et d'une provision d'eau. Le temps était agréable, avec de belles éclaircies, ce qui est sans doute un élément à considérer pour l'agrément de cette excursion, car par temps de pluie les roches calcaires sont annoncées comme très glissantes et dangereuses.


Evidemment Lattes étant au Sud de Montpellier et le Pic Saint Loup étant au Nord, il fallait choisir une route pour les relier. A l'aller, nous avons opté pour contourner Montpellier en prenant l'autoroute A9 jusqu'à Vendargues puis la RD 68. Au retour, nous avons pris la RD986 et traversé Montpellier. Bien que le premier trajet soit plus long de 10 km, il a été beaucoup plus rapide et plus agréable, d'autant que dans Montpellier un certain nombre de travaux et de chantiers nous ont compliqué la vie au retour.

Nous avons garé la voiture au parking de Cazevieille et avons donc emprunté le sentier indiqué. Le sentier lui-même, bien balisé, est un peu décevant, car fait de plusieurs kilomètres en montée assez linéaire, et très caillouteux.


En revanche, la vue et la végétation y sont superbes.






Arrivé à la chapelle près du sommet, on peut reprendre son souffle, avant d'admirer le panorama qui est bien sûr  censé nous couper le souffle ;-).


On y apprend quelques éléments sur la légende de Saint Loup, qui avec ses frères Guiral et Alban, n'a pas été très futé en amour puisqu'il est parti en croisade pour gagner les faveurs de sa bien aimée Irène et qu'au retour elle était morte de chagrin.


On peut alors approcher de l'arête de la montagne pour admirer le panorama, avec quelques avertissements qui donnent un peu de piquant à la promenade sur la crête.







Le panorama, comme indiqué est magnifique et vaut le détour, même si nous ne sommes pas certains d'avoir aperçu ce jour-là le mont Aigoual ou le mont Ventoux, ni de l'autre côté la mer Méditerranée. C'est cependant sur quasiment 360 ° un promontoire posé dans la garrigue où l'on voit la plaine du Languedoc et la Camargue  d'un côté, avec Montpellier bien visible, et de l'autre côté les Cévennes. La face Nord qui tombe verticalement dans un ravin est évidemment celle qui présente tous les dangers, mais offre une vue spectaculaire sur une seconde arête, celle du mont Hortus.


Cette arête du Hortus, qui prend la forme d'une grande falaise blanche, est le rebord méridional d'un petit causse. On pourrait d'ailleurs penser que  la montagne de Hortus (552 m de haut), qui se voit aussi de loin,  est encore plus caractéristique dans le paysage que le Pic Saint Loup, et mériterait davantage encore d'être comparée à la Sainte Victoire.


Si la montée du sentier du Pic Saint Loup a été pleine d'entrain, il faut reconnaître que la descente a semblé un peu plus pénible, notamment parce que nous n'avions prévu aucune victuaille pour se restaurer après l'ascension. Arrivés en bas, nous avons fait quelques détours dans les villages de la communauté de communes du grand Pic Saint Loup, très joliment aménagés au demeurant. Mais force a été de constater qu'aucune possibilité de restauration légère n'était prévue à l'heure un peu tardive de notre retour. Il faudra penser au pique-nique la prochaine fois que nous ferons une excursion dans la région.


Comme il faudra aussi penser à s'intéresser à la principale production agricole de cette région, qui est - comme presque partout dans le Languedoc - du vin. L'appellation Languedoc Pic Saint Loup est une dénomination géographique au sein de l'AOC Languedoc. Elle concerne du vin rouge et du rosé. On trouve aussi du vin blanc du Pic Saint Loup, mais apparemment il n'est pas concerné par l'AOC.



En résumé, la garrigue autour du pic est belle, le panorama au sommet du pic est magnifique. Dommage qu'il faille se taper 6 km de cailloux pour joindre les deux. Mais au moins avons-nous fait dès le premier trimestre de notre arrivée à Lattes la ballade que tous les vrais montpelliérains font au moins une fois dans leur jeunesse, et pourrons-nous maintenant participer à l'échange de souvenirs attendris  que l'évocation du Pic Saint Loup provoque toujours ici dans les dîners en ville.