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dimanche 14 août 2016

Clamouse


Tout près de Saint Guilhem-le-désert se trouvent les fameuses grottes de Clamouse, au bord de la rivière Hérault.

Nous sommes allé les visiter en plein mois d'août, ce qui aurait pu être catastrophique en termes de foule et donc de queue à faire et d'impossibilité de se garer. Cependant nous y sommes arrivés entre midi et deux heures, ce qui a sans doute réduit un peu l'affluence, et nous avons même trouvé une place de parking inespérée, grâce au départ d'une voiture juste au moment où nous arrivions.


Pour la petite histoire, lorsque nous avons voulu visiter Saint Guilhem plus tard dans l'après-midi il a été totalement impossible d'y stationner. Nous sommes alors retourné au parking de la Maison du Grand Site, près du Pont du Diable, et avons pris une navette pour rejoindre Saint Guilhem. En été, il y a deux navettes qui circulent entre ce grand parking et Saint Guilhem, ce qui fait un départ tous les 1/4 d'heure, et la durée du trajet n'est que de 10 minutes. On aura noté que ces navettes s'arrêtent aussi bien au Pont du Diable qu'à la grotte de Clamouse. Le bon plan aurait donc été de se garer directement à ce parking et de faire nos deux visites par la navette, qui circule d'ailleurs même tard en soirée. Le prix du parking est 5 € pour la journée, mais les navettes sont gratuites.


Revenons donc à la grotte de Clamouse. L'entrée coûte 10,20 € pour un adulte, et la visite ne peut se faire qu'avec un guide. En revanche il est inutile de prendre l'audioguide qui est destiné essentiellement à ceux qui veulent des commentaires en  Anglais ou aux mal-entendants. On attend sous une tonnelle que la visite démarre, et c'est avec un groupe de plus d'une trentaine de personnes que nous sommes entrés dans la montagne.  Le blog de Scoobidoo1 raconte de manière très détaillée et critique une visite de la grotte. Je n'y ajoute donc ici que mes impressions personnelles, plus favorables.


La visite commence par deux vidéos que l'on voit sur de petits écrans TV pour nous expliquer l'origine de la grotte, et comment se forment les différentes stalactites et stalagmites ou autres excentriques. On peut en retenir que c'est la rivière Hérault qui a creusé progressivement le karst dolomitique environnant, et ainsi abaissé la nappe phréatique qui en dépend. Celle-ci en s’abaissant a laissé vide un immense réseau de galeries et de salles souterraines, autrefois remplies d'eau.

C'est là que - selon le processus qu'on vous raconte dans chaque grotte - se sont formées des stalactites (avec un T car elles Tombent) par dépôt de calcaire, et en-dessous,  des stalagmites (avec un M car elles Montent). Quand les deux se rejoignent on parle de colonnes. D'après notre guide la croissance des stalactites est de 1 cm par siècle. Certaines semblant proches de 6 m, cela pourrait signifier qu'elles ont mis 600 siècles pour pousser.  Cela donne un sens concret à l'expression "au siècle des siècles"...


Mais tout cela serait banal et n'aurait pas suffi à donner à Clamouse la réputation internationale qu'elle a. Il y a en fait ici des cristallisations tout à fait originales, dues notamment à la présence de calcite et d'aragonite, qui produisent des concrétions tout à fait exceptionnelles:  fistules (stalactites creuses), excentriques (concrétions de calcaire), draperies, dentelles, dents de cochon etc...


C'est vrai que beaucoup de passages et de salles sont magnifiquement décorées, souvent en blanc, mais l'une d'elle aussi en rouge foncé, si bien que les enfants semblent la prendre pour une fontaine de chocolat.


On peut noter dans l'une des salles, dite salle de la cathédrale du temps, des cristallisations qui forment un ou plusieurs "buffets d'orgue", et qui ont inspiré au réalisateur Christophe Guyard un son et lumière, intitulé Magnificat, écrit pour pour l'ensemble vocal A Sei Voci, avec harpes, percussions et orgues.




L'une des images qui a été retenue pour caractériser la grotte est celle de "La Méduse", un très bel ensemble où l'on retrouve des échantillons de presque toutes les sortes de cristallisations rencontrées dans la grotte.

La visite se déroule sur environ 900  m que l'on parcourt en 1 h 20 mn, avec beaucoup de montées et de descentes. Selon certains il y aurait environ 500 marches! Comme dans toutes les grottes, il y fait frais (environ 15°C) ce qui justifie d'emporter une petite laine. Notre guide  signalait les éléments intéressants à voir, mais réservait l'essentiel de ses commentaires pour des consignes au groupe de visiteurs:
restez groupés, car si vous vous attardez la minuterie peut s'éteindre et vous serez perdus dans le noir; ne prenez pas de photos au flash, et si vous ne savez pas désactiver le flash de votre appareil, demandez à un autre touriste, car moi-même je ne sais pas le faire; en automne l'endroit où vous êtes peut être inondé par une crue soudaine et plusieurs personnes ont été emportées...

Il nous a aussi raconté la triste légende de la Clamouse.
La célèbre légende de la Clamouse raconte que dans les temps anciens, une famille de paysans très pauvre vivait dans les Gorges de l'Hérault.
Lorsque le fils aîné fut en âge de travailler, on le plaça comme berger sur le causse du Larzac, prés de La Vacquerie. A cause de l'éloignement, il ne venait que rarement voir sa famille qui se désolait de ne pas avoir plus souvent de ses nouvelles.
Or, à l'un de ses passages, il eut la surprise d'apercevoir dans les mains de sa mère un bâton qu'il avait sculpté en gardant son troupeau, puis jeté dans un gouffre profond du causse; les eaux souterraines l'avaient entraîné jusqu'à la source où sa mère venait puiser de l'eau.Depuis, tous les mois, le petit pâtre envoyait par ce moyen un objet qui faisait connaître aux siens qu'il était en bonne santé et qu'il pensait à eux. Une nuit, la mère guetta de longues heures le présent de son fils; tout-à-coup, ce fut le corps même de son enfant qu'elle vit apparaître...Le berger avait été entraîné dans le gouffre par un agneau vigoureux dont il voulait faire cadeau à sa famille. La mère, devenue folle, vint désormais clamer chaque nuit sa peine devant la source en hurlant de désespoir.Les gens l'avaient surnommée "la clamousa" (la hurleuse) et ce nom est resté à la source.

Une surprise de notre visite a été de tomber tout à coup, dans l'une des salles, sur deux aquariums. Ils contiennent de petits animaux cavernicoles, c'est-à-dire qui vivent en permanence dans les cavernes sans voir le soleil. Il y a d'un côté des protées, une sorte de salamandre qui est le seul vertébré cavernicole connu, et de l'autre côté des astyanax, petits poissons sans yeux et dont la peau est transparente. En réalité ces animaux ne viennent pas de Clamouse, mais ont été apportés d'autres sites en Europe, car la faune de Clamouse semble trop petite pour être montrée aux touristes.


Au cours de notre visite, nous avons aussi croisé un groupe de spéléologues tout habillés de combinaisons jaunes et munis de gants, de casques avec lampe etc... Ce n'étaient pas du tout des explorateurs, mais bien des touristes qui s'adonnaient à une toute nouvelle activité qui est proposée dans la grotte:  le spéléopark. Il s'agit en quelque sorte de faire de l'accro-branches, mais à l'intérieur de la grotte. On y trouve donc aussi des filets à escalader, des tyroliennes pour franchir des fossés et toutes sortes de passages plus ou moins compliqués. Ce sera à essayer un jour.

samedi 30 avril 2016

Pic Saint Loup


Dans les guides touristiques sur Montpellier et ses environs figure en bonne place l'excursion au Pic Saint Loup.


Par exemple dans le Guide Vert du Languedoc, c'est l'un des circuits conseillés autour de Montpellier, mais seulement  pour les bons marcheurs en raison de quelques passages vertigineux. Au sommet du pic, le panorama est qualifié de magnifique, et bénéficie d'un classement deux étoiles, ce qui signifie que le site mérite un détour ( pour les automobilistes qui passeraient dans les environs).


Sur Tripadvisor, le Pic Saint Loup figure même en n°1 sur 99 des choses à faire à Montpellier !


Le Pic Saint Loup est en fait le point culminant à 658 m d'une longue arête qui domine les garrigues montpelliéraines. C'est un relief qui se voit de loin, et notamment depuis beaucoup d'endroits dans Montpellier.

Lorsque je cherchais un logement dans Montpellier et ses environs, j'avais été frappé de constater que la vue sur le Pic Saint Loup était l'un des arguments de vente les plus utilisés. Par exemple comme ici:



Il faut reconnaître que, vu de loin, le Pic Saint Loup est toutes proportions gardées pour Montpellier ce que la montagne Sainte Victoire est pour Aix-en-Provence. Seulement le Pic Saint Loup n'a pas vraiment trouvé son  grand peintre pour le rendre célèbre. On ne peut certes pas comparer Eugène Castelnau ou Vincent Bioulès avec l'illustre Paul Cézanne !


Pour savoir comment escalader ce fameux Pic Saint-Loup, j'ai fait des recherches sur le site web de l'office du tourisme du Grand Pic Saint-Loup. Le Grand Pic Saint Loup est une communauté de communes situées au pied du Pic, qui mène visiblement une action dynamique de promotion du tourisme dans la région du Pic. Mais si leur site web explique tout sur les hôtels, restaurants, activités et animations payantes, comme l'accrobranches, le vol à voile ou l'équitation, il a été assez difficile d'y trouver des indications précises sur l'escalade du pic, qui - elle - est gratuite et n'a donc pas de retombées économiques directes sur les villages environnants. En cherchant bien, on trouve cependant caché au fond d'une rubrique Les incontournables, une mention du sentier du Pic Saint Loup, où l'on apprend qu'un sentier part d'un parking à la sortie du village de Cazevieille, qu'il fait 6 km et une dénivelée de 364 m, et qu'il faut compter 2 h 30 pour le parcourir.


Nous sommes donc partis le 20 avril dernier, munis de baskets ou de chaussures supportant la marche sur des cailloux, et d'une provision d'eau. Le temps était agréable, avec de belles éclaircies, ce qui est sans doute un élément à considérer pour l'agrément de cette excursion, car par temps de pluie les roches calcaires sont annoncées comme très glissantes et dangereuses.


Evidemment Lattes étant au Sud de Montpellier et le Pic Saint Loup étant au Nord, il fallait choisir une route pour les relier. A l'aller, nous avons opté pour contourner Montpellier en prenant l'autoroute A9 jusqu'à Vendargues puis la RD 68. Au retour, nous avons pris la RD986 et traversé Montpellier. Bien que le premier trajet soit plus long de 10 km, il a été beaucoup plus rapide et plus agréable, d'autant que dans Montpellier un certain nombre de travaux et de chantiers nous ont compliqué la vie au retour.

Nous avons garé la voiture au parking de Cazevieille et avons donc emprunté le sentier indiqué. Le sentier lui-même, bien balisé, est un peu décevant, car fait de plusieurs kilomètres en montée assez linéaire, et très caillouteux.


En revanche, la vue et la végétation y sont superbes.






Arrivé à la chapelle près du sommet, on peut reprendre son souffle, avant d'admirer le panorama qui est bien sûr  censé nous couper le souffle ;-).


On y apprend quelques éléments sur la légende de Saint Loup, qui avec ses frères Guiral et Alban, n'a pas été très futé en amour puisqu'il est parti en croisade pour gagner les faveurs de sa bien aimée Irène et qu'au retour elle était morte de chagrin.


On peut alors approcher de l'arête de la montagne pour admirer le panorama, avec quelques avertissements qui donnent un peu de piquant à la promenade sur la crête.







Le panorama, comme indiqué est magnifique et vaut le détour, même si nous ne sommes pas certains d'avoir aperçu ce jour-là le mont Aigoual ou le mont Ventoux, ni de l'autre côté la mer Méditerranée. C'est cependant sur quasiment 360 ° un promontoire posé dans la garrigue où l'on voit la plaine du Languedoc et la Camargue  d'un côté, avec Montpellier bien visible, et de l'autre côté les Cévennes. La face Nord qui tombe verticalement dans un ravin est évidemment celle qui présente tous les dangers, mais offre une vue spectaculaire sur une seconde arête, celle du mont Hortus.


Cette arête du Hortus, qui prend la forme d'une grande falaise blanche, est le rebord méridional d'un petit causse. On pourrait d'ailleurs penser que  la montagne de Hortus (552 m de haut), qui se voit aussi de loin,  est encore plus caractéristique dans le paysage que le Pic Saint Loup, et mériterait davantage encore d'être comparée à la Sainte Victoire.


Si la montée du sentier du Pic Saint Loup a été pleine d'entrain, il faut reconnaître que la descente a semblé un peu plus pénible, notamment parce que nous n'avions prévu aucune victuaille pour se restaurer après l'ascension. Arrivés en bas, nous avons fait quelques détours dans les villages de la communauté de communes du grand Pic Saint Loup, très joliment aménagés au demeurant. Mais force a été de constater qu'aucune possibilité de restauration légère n'était prévue à l'heure un peu tardive de notre retour. Il faudra penser au pique-nique la prochaine fois que nous ferons une excursion dans la région.


Comme il faudra aussi penser à s'intéresser à la principale production agricole de cette région, qui est - comme presque partout dans le Languedoc - du vin. L'appellation Languedoc Pic Saint Loup est une dénomination géographique au sein de l'AOC Languedoc. Elle concerne du vin rouge et du rosé. On trouve aussi du vin blanc du Pic Saint Loup, mais apparemment il n'est pas concerné par l'AOC.



En résumé, la garrigue autour du pic est belle, le panorama au sommet du pic est magnifique. Dommage qu'il faille se taper 6 km de cailloux pour joindre les deux. Mais au moins avons-nous fait dès le premier trimestre de notre arrivée à Lattes la ballade que tous les vrais montpelliérains font au moins une fois dans leur jeunesse, et pourrons-nous maintenant participer à l'échange de souvenirs attendris  que l'évocation du Pic Saint Loup provoque toujours ici dans les dîners en ville.