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dimanche 28 août 2016

OrPHé


J'ai déjà raconté dans un article précédent que j'étais occasionnellement organiste, en fait ce qu'on appelle un organiste liturgique dont l'ambition n'est pas de faire des concerts mais d'accompagner des offices religieux, et bien sûr de se faire un peu plaisir.

En arrivant dans l'Hérault, j'ai pris contact avec l'association OrPHé, acronyme qui signifie "Organistes en Pays d'Hérault" qui regroupe un certain nombre d'organistes liturgiques, le plus souvent catholiques, mais les protestants n'en sont nullement exclus.


A ce stade je n'ai pas testé l'activité principale de cette association qui est la formation des organistes, dispensée en cours individuels ou collectifs ainsi qu'en ateliers spécialisés par des professeurs confirmés. Parfois elle invite des organistes réputés qui organisent des master class. La fréquentation de son site internet permet aussi d'être au courant des nombreux concerts d'orgue donnés ici ou là dans la région.


Le dernier concert auquel j'ai assisté ne figurait cependant pas sur le site d'OrPHé, et j'en ai pris connaissance par la Gazette de Montpellier: il s'agit d'un concert d'orgue à quatre mains donné par Olivier Vernet et Cédric Meckler le 30 juillet dernier à la cathédrale de Montpellier.


Le répertoire à quatre mains pour orgue est évidemment un peu particulier, et comprenait en l'occurrence même des morceaux composés spécialement pour le duo. Il avait ici un parfum très espagnol avec des œuvres de Manuel de Falla, John Carmichael, Isaac Albeniz, et même une marche turque de Mozart transformée en samba par Philip Robert Buttall, ou une adaptation pour l'orgue à 4 mains du boléro de Ravel.


On peut voir une version de ce boléro sur Youtube, ainsi que de nombreuses autres interprétations de ce duo.

Pour profiter non seulement de la musique mais aussi du spectacle des deux organistes qui s'emmêlaient les bras et jambes sur les claviers et pédaliers, une caméra les a filmés sur la tribune et projeté leur image sur grand écran devant le public. Le procédé est intéressant, même si cela m'a donné un peu l'impression d'être au cinéma plutôt qu'à un concert d'orgue dans une cathédrale.


Mais si je parle ici d'OrPHé, c'est pour rendre compte d'un voyage organistique que cette association a organisé en Auvergne du 17 au 25 août. (Par rapport à l'affiche il avait été prolongé d'une journée).


Avec une équipe très sympathique d'une douzaine d'organistes nous avons pu non seulement visiter de nombreuses abbatiales, basiliques, cathédrales ou églises plus ou moins romanes, mais aussi chaque fois accéder à la tribune des orgues et y jouer quelques morceaux. Le voyage était organisé par Irène Randrianjanaka, co-titulaire de la cathédrale Saint Pierre de Montpellier, et Eric Andanson, titulaire de l'orgue de l'Eglise Saint Roch à Montpellier, et a aussi bénéficié de la participation de Marie-Claire Lahor, professeur au Conservatoire de Sète.


L'intérêt d'un telle visite est de jouer sur des orgues de conception très différentes:


depuis des orgues de la Renaissance, comme au Monastier sur Gazeille,


jusqu'à des orgues très romantiques comme au Sacré-Coeur de Clermont Ferrand,


en passant par l'orgue de Pontaumur qui est la reproduction exacte de l'orgue qu'avait Jean-Sébastien Bach à Arnstadt,

ou l'orgue alsacien de la manufacture Kern installé dans l'Eglise Saint-Eutrope de Clermont-Ferrand.

Dans la liste des orgues sur lesquels on a pu jouer figurent notamment  les orgues de 3 cathédrales, ce qui est toujours un peu impressionnant pour le petit organiste amateur que je suis:


celle du Puy-en-Velay,

celle de Clermont-Ferrand 


et celle de Saint-Flour.

L'association OrPHé organise très régulièrement de tels voyages organistiques, qui non seulement permettent de découvrir d'intéressants instruments mais aussi de créer du lien entre les organistes de l'Hérault. C'est donc une opportunité inespérée pour élargir mes horizons dans la région.

samedi 28 novembre 2015

De Puteaux à Lattes

Nous avons acheté une villa à Lattes, dans la périphérie de Montpellier, le 27 octobre dernier. Nous y entreprenons quelques travaux de rénovation avant d'y déménager en janvier prochain. Dans cette période, il me faut faire fréquemment des trajets de Puteaux à Lattes, soit seul, soit avec mon épouse. C'est l'occasion de  faire le point sur les trois solutions qui s'offrent à nous: l'avion, le train ou la voiture. 


Je n'ai pas encore essayé l'avion sur cette ligne, mais j'ai bien sûr regardé les vols disponibles, d'autant que l'aéroport de Montpellier-Méditerranée, appelé autrefois Montpellier-Fréjorgues, est très proche de Lattes (heureusement la zone de bruit ne va pas jusqu'à notre villa de Lattes-centre, bien que de temps en temps on y entende un survol). A ce stade, les vols sont uniquement assurés par Air France et sa filiale Hop !, et il y en a tous les jours un bon nombre, souvent plus de 10 vols quotidiens, à destination de Paris Charles de Gaulle ou Paris-Orly.


Les meilleurs prix se situent en cette saison hivernale à 100 € par personne aller-retour, mais c'est pour des dates et heures extrêmement contraintes. Par exemple, il faut partir du jeudi au jeudi suivant. Si on veut la moindre souplesse sur les horaires ou les dates, notamment ne rester qu'un ou deux jours, le prix devient tout de suite très cher, et s'élève parfois à plusieurs centaines d'euros si on n'a pas réservé longtemps à l'avance.


La durée du vol est d'environ 1 h 15 mn, ce qui en fait le mode de transport le plus rapide en théorie. Mais en pratique, il faut ajouter une heure au moins pour aller de Puteaux à un aéroport parisien et 30 mn pour passer les contrôles de sûreté sans être trop stressé, sans oublier qu'il faut embarquer 20 mn avant le départ. A l'arrivée je ne vois pas bien comment rejoindre Lattes sans prendre un taxi, sauf à prendre un bus jusqu'à Montpellier puis le tram jusqu'à Lattes, ce qui rajouterait  aussi au moins une heure.  Je ferai sûrement prochainement l'expérience d'un tel vol, mais jusqu'à présent il faut bien reconnaître que l'avion m'a paru moins adapté que le train ou la voiture, pour mon cas de figure.


Le train m'a réservé une excellente surprise: il existe en effet une ligne de TGV low-cost, appelée Ouigo, qui va de Marne-la-Vallée Chessy à la gare de Montpellier Saint-Roch. La durée du voyage est la même que celle du TGV classique, environ 3 h 30, mais les tarifs sont imbattables avec des billets aller simple depuis 10 €. Les tarifs varient selon les jours et sont plus élevés en fin de semaine tout en restant abordables. Dans ces conditions, il m'arrive maintenant de faire des sauts de puce d'une journée à Lattes par exemple départ le mardi, retour le mercredi pour y avoir un rendez-vous avec une entreprise le mardi soir ou le mercredi matin.


Pour se rendre à la gare de Marne-la-Vallée depuis Puteaux,  on prend le RER A qui relie directement La Défense à Marne-la-Vallée-Chessy en 50 mn (prix du ticket 9,95€ si on le prend à l'unité, soit autant que le billet de Ouigo  ou 79,60€ par carnet de 10). Ensuite à Montpellier Saint Roch, on emprunte la ligne 3 du tram qui va directement à Lattes-centre en 22 mn (prix du ticket 1,50 € si on l'achète à l'unité ou 10 € pour un carnet de 10 voyages).


A titre d'exemple, voilà ce que cela donne pour le trajet que je ferai mardi prochain:
Je pars de la gare RER de La Défense Grand Arche à 9 h 41 et arrive à Marne-La vallée Chessy à 10 h 30. Le Ouigo part à 11 h 07 et arrive à la gare de Montpellier à 14 h 34. On peut espérer attraper le tram de  14 h 47 qui arrive à Lattes-centre à 15 h 09. Le coût total de ce trajet sera de 18,96 €.



Plusieurs inconvénients pèsent cependant sur le Ouigo: d'abord il n'y en a qu'un par jour. Aucune flexibilité n'existe donc en termes d'horaire. En revanche, contrairement à l'avion, on peut choisir librement la date de retour sans être pénalisé financièrement. Ensuite si on a des bagages, il faut payer un supplément, au moins 5 € par trajet, donc 10 € pour l'aller-retour. Enfin, il est obligatoire (mais pas vraiment contrôlé strictement) d'arriver sur le quai 30 mn avant le départ du train. Pour mes déplacements de retraité, ces inconvénients restent acceptables.


Un autre inconvénient du Ouigo apparaît quand il a du retard. J'ai expérimenté cela la semaine dernière. S'il a entre 1 et 2 heures de retard, on vous donne généreusement un bon d'achat de 25 % de la valeur du ticket, soit 2,50€ - ce qui ne valorise pas très cher l'heure perdue. Si le retard dépasse 2 h, on vous rembourse 50%, soit 5 €... Dans ces périodes d'attentats et d'état d'urgence il y a pas mal de retards. Mais j'ai pu constater sur les panneaux d'affichage que le Ouigo n'en souffrait pas plus que les TGV normaux. Il m'est même arrivé de constater que tous les TGV normaux avaient du retard, alors que le Ouigo était à l'heure. J'en conclus que la SNCF ne sacrifie pas le low-cost au profit de la régularité des lignes plus rentables.


Avec mon épouse nous avons pris plusieurs fois la route pour rejoindre Puteaux à Montpellier. 


Là aussi il y a une bonne surprise: on bénéficie sur quasiment la moitié du parcours d'une autoroute gratuite: l'A75 puis l'A750. On ne paie donc qu'entre Paris et Clermont-Ferrand sur l'A10 et l'A71; actuellement le tarif est de 36,50€. 


En outre, si le parcours est un peu morne entre Paris et Clermont-Ferrand, le paysage devient superbe entre Clermont-Ferrand et Montpellier, où on traverse d'abord l'Auvergne et ses volcans, puis le Cantal, les plateaux du Larzac et les Cévennes. Pour peu qu'il y ait du soleil, et qu'on ait fait des pauses fréquentes sur la route (en profiter pour rapporter du roquefort), je trouve le trajet plutôt plaisant. Nous avons même une fois fait un crochet pour visiter Vulcania (entrée à 26 € plutôt chère pour ce que c'est). Je dois dire cependant que mon épouse est moins enthousiaste quand je lui propose de prendre la voiture, car au total, avec les pauses, on passe en général plus de 9 heures sur l'autoroute.

Un  autre point à signaler sur ce trajet est le passage par Millau. On a alors l'option de rester sur l'autoroute - ce qui permet d'emprunter le magnifique viaduc de Millau, mais il faut alors payer 7,50 € - ou de passer par l'ancienne route qui traverse la ville.


Le trajet de porte à porte est estimé à 754 km sur Google Maps. Sur un tel trajet, ma voiture consomme environ 50 litres d'essence sans plomb S95-E10, que l'on trouve actuellement à environ 1,25 € dans les stations Total Access, ou chez Auchan si on refait le plein à Clermont-Ferrand. Le bilan complet d'un tel voyage en voiture est donc de 36,50€ de péage autoroutier, 7,50 € de péage du viaduc de Millau et 62,50 € d'essence, soit 106,50 € par trajet simple pour 2 personnes. La voiture revient donc nettement plus cher que le Ouigo, mais en général moins cher que l'avion et que le TGV normal. C'est le mode qui prend le plus de temps, mais qui compense cet inconvénient par une souplesse totale, par sa capacité aussi à transporter des bagages et même des meubles dans son coffre, et par la mobilité qu'elle donne sur place.